Pharmaciens: un taux de vacance statutaire de 10% à l’hôpital

PARIS, 18 janvier 2011 (APM) – Le taux de vacance statutaire des emplois de pharmaciens hospitaliers à temps plein est de 10%, en-dessous de la moyenne pour l’ensemble des praticiens hospitaliers, selon des chiffres présentés mardi par la directrice du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG).
Danielle Toupillier, directrice du CNG, est intervenue lors de l’assemblée d’hiver du Syndicat national des pharmaciens des établissements publics de santé (Synprefh).
Elle a présenté les dernières données sur les effectifs des pharmaciens obtenues pour les praticiens. Au 1er janvier, le CNG a recensé 1.861 praticiens hospitaliers (PH) temps plein (titulaires et probatoires), en augmentation de 68% en huit ans (1.111 en 2003). Ces chiffres ne prennent pas en compte les contractuels.

Le taux d’évolution annuelle s’infléchit légèrement depuis 2008, a noté Danielle Toupillier.
De 2003 à 2011, le nombre de pharmaciens PH à temps partiel a diminué de 12%, passant de 272 en 2003 à 239 en 2011.
La profession est largement féminine avec 69,3% de femmes pour les temps pleins et 79,6% pour les temps partiels et elle est “relativement jeune”, surtout pour les temps pleins avec 44,8 ans d’âge médian et 48,1 ans pour les PH à temps partiel.
La densité est relativement homogène en France métropolitaine, allant de deux PH pour 100.000 habitants en Corse à cinq PH pour 100.000 habitants dans le Limousin. Douze régions se situent au niveau de trois PH pour 100.000 habitants, notamment l’Ile-de-France, la Picardie, les Pays-de-la-Loire, l’Alsace, l’Aquitaine ou encore la Bretagne. On ne retrouve pas les cartes observées pour d’autres spécialités.
Le taux de vacance statutaire est de 10% pour les temps pleins avec 10 régions au-delà de ce taux moyen (comme Champagne-Ardenne, Mayotte, Corse, Guyane, Centre, Bourgogne ou Guadeloupe). Sur 2.038 postes budgétés, 1.846 sont statutairement occupés. C’est inférieur à la moyenne nationale pour l’ensemble des praticiens hospitaliers (23%).
Pour les temps partiels, le taux de vacance statutaire des pharmaciens est de 44% (236 postes occupés sur 422), avec 11 régions au-dessus de ce taux. Pour l’ensemble des praticiens hospitaliers, il est de 36%.

Les départs en retraite commencent à s’accélérer à 28 en 2010 contre 10 en 2001 et 17 et 18 en 2008 et 2009. Le renouvellement reste très soutenu (28 sorties pour 127 entrées) avec solde qui reste positif de 99. Les pharmaciens salariés hospitaliers représentent 10% des pharmaciens, selon les derniers chiffres de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).
Entre octobre 2008 et septembre 2010, 194 professionnels ont bénéficié du dispositif d’accompagnement dont 93 PH (les autres sont des directeurs). La recherche d’affectation a concerné 33 professionnels dont 14 PH depuis janvier 2010. Seize (dont six PH) en sont sortis. En moyenne, les dossiers sont réglés en 14 mois.
Très peu de pharmaciens en ont bénéficié (moins de 10). Le plus souvent, ils se sont adressés spontanément au CNG.
Les postes vacants de pharmaciens sont mis en ligne sur le site du CNG deux fois par an, en avril et en octobre. Les postes non pourvus resteront accessibles pour que les personnes en disponibilité ou en détachement qui reviendraient entre les deux tours puissent postuler.
Interrogée sur les conséquences des restructurations dans les établissements, Danielle Toupillier a indiqué que très peu de pharmaciens étaient concernés à l’inverse des chirurgiens.

Le CNG souhaite réactiver les commissions régionales afin de diminuer les difficultés en amont des nominations, a annoncé la directrice.
En novembre, le CNG s’occupera aussi des praticiens hospitalo-universitaires, a précisé la directrice.
Elle a par ailleurs indiqué que les premiers contrats d’engagement de service public pour des étudiants et des internes dans des disciplines ou des régions en sous-densité médicale ont été signés fin 2010. Ce dispositif qui ne concerne que les médecins, prévoit une allocation mensuelle de 1.200 euros par mois en échange d’un engagement d’exercice d’une durée équivalente à la période de versement de l’allocation. Le nombre de bénéficiaires a été estimé à 400 par an (200 internes/200 étudiants) pendant trois ans pour arriver à 1.200.

sl/ab/APM polsan
redaction@apmnews.com