Le dernier week end de mars s’est tenue, à Paris, l’Assemblée générale de la FNSIP (Fédération Nationale des Syndicats des Internes en Pharmacie) à laquelle, comme vous le savez déjà, vous adhérez lors de votre adhésion à l’AIPM.
Cette AG qui a lieu 3 fois par an est un évènement qui regroupe l’ensemble des internes de pharmacie de France et qui permet d’évoquer ensemble des sujets importants concernant l’internat mais aussi nos débouchés et notre avenir.

Tous les diaporamas sont disponibles en PDF sur le site de la FNSIP ainsi que la retranscription du discours de Mme Bachelot.

Voici un résumé des points abordés ce week end .
Bonne lecture!

Assemblée générale de la FNSIP :

1/ Ecriture d’un guide de l’interne en pharmacie contenant des informations sur le pré, le “pendant” et le post internat avec notamment un descriptif par ville des postes, des DES, ….

2/ Participation des internes aux conseils scientifiques et aux conseils centraux des facultés de pharmacie : nous avons le double statut étudiant-salarié. Nous payons des frais d’inscription conséquents mais nous n’avons pas à l’heure actuelle de représentants des internes dans ces conseils, ce qui est pour le moins inadmissible.

3/ Proposition de modifications du statut des internes en collaboration avec l’ISNIH (Intersyndicat National des internes des Hôpitaux ), l’ISNAR-IMG (InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale) et les représentants des internes en odontologie :
– conservation de l’ancienneté concernant la rémunération lors d’un changement de filière dans le cadre d’un droit au remords sans validation de semestre possible.
– Rapprochement avec le code du travail (actuellement nous sommes régis par le code de la santé publique) :
– Indemnités congés maladie
– Temps partiel thérapeutique
– Inclusion des gardes et astreintes dans le calcul des cotisations retraite
– 1 an d’internat = 1 annuité pour la retraite (contrairement à 1/2 annuité pour le moment)
– Consultation à la médecine du travail
– Temps de travail : actuellement 11 demies journées par semaine dont 2 de formation
Proposition 1 :11 demies journées par semaines, interne libéré du service pour faire toutes les formations envisagées avec la condition d’assister à tous les cours (DU, DES, master,…) + 50 jours de congès spécifiques pour la thèse.
Proposition 2 : 10 demies journées par semaines, interne libéré du service pour asssiter à ses cours de DES + 30 à 35 jours de congès de formation.
Formations à faire valider par le coordonnateur de DES mais sans l’aval du chef de service.

4/ Réforme DES de pharmacie:
– Validation des 4 domaines sur les 8 semestres et non sur les 4 premiers.
– Inadaptation des DES par rapport aux objectifs de la réforme et absence de cours dans certaines villes.
– Après un état des lieux national : 104 postes à créer sur toute la France et pas de financement prévus
– IPR : 2 semestre à faire en PUI mais pas obligatoirement les 2 premiers.

FNSPBAH :

ou Fédération Nationale des Syndicats des Pharmaciens et Biologistes Assistants des Hôpitaux.

But = représentation des pharmaciens hospitaliers et biologistes hospitaliers assistants spécialistes, AHU et praticiens contractuels.

Objectifs = au nombre de 3 à court et moyen termes
– concours de MCU-PH et PU-PH : actuellement, ne peuvent être nommés MCU-PH des disciplines pharmaceutiques que des AHU des disciplines pharmaceutiques. Hors, à l’heure actuelle, la plupart des AHU titulaires d’un DES de Pharmacie exercent en fac de médecine.
– concours de PH : actuellement, non reconnaissance des services rendus pendant l’internat (bien que le jury reste souverain…ça laisse songeur!!!)
– problème de certaines villes où on ne propose aux internes que des postes de praticiens contractuels (pas de création de nouveau postes d’assistants) ce qui permet entre autres de ne pas payer de prime d’exclusivité et de pouvoir les “jeter dehors” plus facilement.

Au jour d’aujourd’hui : Contact avec partenaires financiers lors de l’AG de Paris (BNP, GPM), dépôt des statuts en “stand by” car problème de domiciliation de la structure à l’Ordre mais ça devrait se résoudre assez vite. Préparation d’une plaquette de présentation afin de faciliter notre communication. Création du logo en cours.
A moyen terme, création d’un site internet, cotisation annuelle à définir.

Loi HPST (Hopital Patient Santé Territoire)

Réforme qui s’avère être nécessaire :
– simplification des structures avec diminution de la scission ville-hopital
– établir une cohérence entre les différents intervenants.
L’objectif étant de moderniser l’organisation de notre système de santé pour permettre un accès aux soins identique pour tous sur l’ensemble du territoire.

Intervention de Mme la Ministre Roselyne Bachelot

Présence de Mme la Ministre très attendue qui a décliné notre invitation quelques jours avant pour cause de Pharmagora… Elle a néanmoins tenu à nous enregistrer un petit discours assez général sur la loi HPST.
Difficile donc d’entamer le débat avec un vidéoprojecteur!
En voici les points importants :
L’objectif de la réforme est d’améliorer le service médical rendu en donnant à chacun une biologie de qualité en ville comme à la campagne par l’intermédiaire de l’accréditation.
Evolution structurelle de la discipline. Un biologiste ne peut, à lui seul, suivre l’évolution de toute la discipline et maitriser des connaissances de pointe dans tous les domaines
Médicalisation de la profession avec une presciption des examens sur la base d’un référentiel.
A l’hôpital, volonté de conserver des soins de qualité, en sécurité. Démarche qualité également sur le circuit du médicament afin d’éviter les évènements dramatiques qui ont pu se produirent ces dernières années.
Instauration d’une nouvelles gouvernance afin de mettre en place et de suivre cette démarche qualité.
Double exigence de qualité et de responsabilité

Table ronde autour de la réforme de la biologie médicale

Résumé :
L’ordonnance du 13 janvier 2010 est une réforme qui est intégrée à la loi HPST
Elle oriente vers une médicalisation de la profession, exige une preuve de qualité par l’accréditation et se veut égale pour le public et le privé.
En ce qui concerne la mise en place du système qualité, il existe comme base de travail le manuel d’accréditation COFRAC qui était fait selon la rigueur et la méthodologie industrielle, milieu pour lequel il a été développé initialement. Ce manuel est maintenant adapté aux sections de santé humaine (phase préanalytique, métrologie, ….).Un soutien méthodologique est en cours d’élaboration. Ce système est précurseur en biologie mais à terme, il s’appliquera à toutes les autres spécialités.
2 temps importants pour l’accréditation :
– 2013 : il faudra avancer des preuves d’entrée dans l’accréditation
– 2016 : accréditation totale
Volonté de développer un système d’information comprenant la prescription connectée, une aide à l’interprétation, la signature électronique sécurisée et une gestion informatisée des LABM facilitant les procédures d’accréditation.
Le SROS (Schéma Régional d’Organisation de la Santé) détermine les besoins par territoire et définit les organisations optimales. Il est établit à titre indicatif mais sert de support à la prise de décision par le directeur général de l’ARS (Agence Régionale de Santé)
L’installation des biologistes reste libre sous réserve d’accréditation et dans les limites suivantes :
– L’ARS peut interdire le fusion de 2 laboratoire si elle engendre une activité représentant plus d’1/4 de l’offre public-privé du territoire.
– La création d’un laboratoire ne pourra se faire que si la demande dépasse de plus de 25% l’offre déjà présente.
– Un laboratoire peut avoir plusieurs sites répartis au maximum sur 3 territoires de santé. La localisation des sites doit être en accord avec les règles et délais de résultats.
– la répartition des laboratoires doit répondre à l’exigence de permanence de l’offre.

Limitation au regroupement : Les regroupements ne doivent pas rompre l’équilibre entre compétence et proximité et interdiction de contrôler directement ou indirectement plusieurs LABM s’ils totalisent plus de 33% de l’offre de biologie.
Notion d’ouverture du LABM hospitalier vers l’extérieur :
– en nouant d’éventuelles mutualisations par des contrats de coopération
– ouvrir le LABM aux prélèvements de patients en ambulatoire
– Harmoniser la facturation public-privé pour en faire un LABM de recours

Le B :
Le coût du B traduit uniquement un coût unitaire pour un volume donné. Il ne donne en effet aucun renseignement sur la pertinence des examens prescrits et réalisés. C’est un indicateur inflationniste.
Le biologiste doit contribuer à la diminution du nombre de jours d’hospitalisation par notamment sa rapidité de rendu de résultats

Démographie et formation :
– Le but est de former le bon nombre de biologistes médicaux et comme la médicalisation de la profession et la complémentarité de nos cursus justifient un rééquilibrage pharmaciens-médecins. Attention, le nombre de biologistes à former ne doit pas dépendre du nombre d’internes nécessaires dans les services hospitaliers ou en fonction du nombre de places dans les facultés. Diminution du nombre de pharmacien de 10/an avec augmentation compensatoire du nombre de médecins.
– A l’hôpital, travail en cours avec l’ANAPH (Agence nationale de performance hospitalière) : principe de base qui relève à priori du bon sens mais qui est loin d’être toujours appliqué “pour faire de la biologie médicale il faut être biologiste”. Ainsi les scientifiques ou autres non biologistes ne devraient plus avoir accès aux postes de biologistes.
– Estimation : 1 biologiste traite 100 dossiers par jour et non 30 à 50 comme celà peut être le cas actuellement dasn certains laboratoires.

DES : Médecins et pharmaciens passent les mêmes DES.
Ces DES doivent évoluer. Travaux en cours dirigés par la CNIPI ( Commission Nationale de l’Internat et du Post Internat) où actuellement il y a des représentants médecins mais pas de pharmaciens. La FNSIP s’est battue et pourra y siéger à titre d’invité.
Les DES seront qualifiés par les ordres et des équivalents européens veulent être mis en place.

QUESTIONS /REPONSES
Après une brève présentation des points clés de l’ordonnance, Mr Ballereau et Mme Gallo ont tenté de répondre aux questions des internes mais ils avaient oublié de laisser leur langue de bois au placard. En effet, face à des questions praticopratiques de la vraie vie de biologiste, les législateurs ont eu un peu de mal à apporter des réponses concrètes. Serait-ce par méconnaissance ou volontairement???
1/Y-aura-t-il des éléments explicatifs de l’ordonnance : Oui (cf un peu plus haut dans le résumé)
2/ Comment un biologiste salarié ou actionnaire minoritaire pourra continuer à travailler de façon éthique en étant sous la coupe de patron dont l’interêt financier dépasse l’intérêt médical?
– Communiquer à l’ARS les difficultés observées.
– Droit et devoir d’alerte du biologiste responsable dans le cas où il devient difficile voire impossible d’exercer son métier éthiquements
3/ Qu’elle sera la place des jeunes dans l’avenir?
– Rendements injustifiés et spéculation ne seront plus possibles, investissement uniquement pour récupérer des dividendes devient de plus en plus difficile. De plus, baisse du remboursement des analyses sans interprétation (ionogramme, glycémie,…) mais entrée des examens innovants dans la nomenclature.
– Ouvrir un LABM seul n’est pas souhaitable car les domaines de compétences sont maintenant trop larges pour être assurés par un seul biologiste. Le regroupement devient obligatoire pour obtenir la compétence requise.
L’exigence analytique doit maintenant correspondre à l’exigence des soins
4/ Pourquoi avoir diminué le nombre de postes à l’internat?
Devoir vis à vis des malades, médicalisation de la profession donc rééquilibrage medecin pharmacien
Devoir vis à vis des étudiants pour ne pas les envoyer dans le mur
5/ Comment maitriser son outil de travail quand on est salarié ou associé minoritaire? Ex: choix des automates
Choisir plutot un modèle de regroupement de type coopérative :
– ne peut investir que celui qui y travaille
– dissociation capitale-droit de vote
– dividendes limités et réinvestissement obligatoire des bénéfices
Modèle attractif mais comment le mettre en place alors que des grands groupes sont déjà en place?Comment savoir si cela fonctionne étant donné qu’aucune structure de ce type n’existe aujourd’hui en BM?
6/ Référentiel de compétence : qui évaluera les compétences, qui pourra faire une demande, que faire des assistants non biologistes?
Mise en place d’un DES nouvelle formule
Possibilité de double DES (++ pour les médecins) : ex)Hémato clinique peut etre biologiste en hémato s’il passe le DES corresspondant
“Gestion des stocks”!!! : le personnel déjà employé devra être mis sur des postes recherche s’il ne possède pas la compétence requise.
7/ Sites de prélèvements :
L’absence d’automate sur un site ne fait pas de ce site un site sans biologie médicale : dialogue avec les patients, rendu des résultats
8/ Débouchés : Papiboom + médicalisation qui donne davantage de travail aux biologistes.

N’hésitez pas à nous faire parvenir vos impressions, vos questions, vos suggestions, vos coups de gueule.